Notes : Le mari de l'auteure, résistant juif, fut arrêté le 18 juillet 1944 et s'évada du train qui l'emmenait à Buchenwald le 24 août. J. Mesnil-Amar (1909-1987) tint alors un journal intime qu'elle continua jusqu'en 1946. Il parut en 1957, alors qu'il était plutôt question, en France, de tourner la page. Ce livre est le journal intime tenu par l'auteur depuis l'arrestation par la Gestapo de son mari, résistant juif, jusqu'à l'évasion de celui-ci du wagon qui l'emmenait, lui et ses camarades, à Auschwitz ; autrement dit du 18 juillet au 24 août 1944.
Elle confie à son journal ses inquiétudes d'abord, l'amour immense qui la lie à son mari pour qui elle craint les tortures et la mort ; mais elle raconte aussi le quotidien d'une femme de la bourgeoisie juive française, très assimilée, très cultivée, dont l'enfance s'est déroulée dans les beaux quartiers de Paris et qui découvre avec la guerre qu'être française juive ce n'est pas tout à fait la même chose qu'être française non-juive.
Dans ce Paris de la Libération - juste avant, juste après -, elle erre, cherchant refuge ici et là avec sa fille d'une dizaine d'années ; retrouvant des camarades du même réseau, se souvenant de la vie d'avant, avant la déchirure de la guerre.
Après la guerre, Jacqueline Mesnil-Amar a publié dans le Bulletin du service central des déportés israélites quelques articles sur la déportation, dont un sur les enfants, assurément le plus poignant. Ils sont repris ici.